À Montpellier, Miss Victoire affirme que le drag est une expression politique

À Montpellier, Miss Victoire affirme que le drag est une expression politique
Miss Victoire, alias Fabrice, figure emblématique du drag montpelliérain, incarne la puissance d’expression que véhicule le drag. Au-delà de la paillette et du maquillage, son art porte un message politique fort. Vivant entre son identité diurne de vendeur et son personnage nocturne flamboyant, Miss Victoire bouscule les normes et s’affirme en tant qu’élément clé de la scène LGBT+ de Montpellier. À travers ses prestations, elle prône une liberté d’être et une reconnaissance tardive mais méritée au sein de sa communauté et au-delà.
L’art du drag comme moyen d’expression
Fabrice, vendeur de canapés raffinés le jour, devient Miss Victoire la nuit, scintillant sur les scènes des bars LGBT+ à travers Montpellier. Avec sa métamorphose, il prouve que l’art du drag est plus qu’un simple spectacle : c’est une déclaration de soi. Selon Miss Victoire, enfiler une tenue de scène n’est pas une simple transformation physique. C’est devenu pour elle une extension de sa personnalité, un moyen d’exprimer qu’elle est tant Fabrice que Miss Victoire. “Je ne dissocie pas forcément mon rôle de Miss Victoire de la personne que je suis, disons que c’est une extension de ma personnalité.”
Un engagement quotidien et politique
Pour Miss Victoire, le drag est résolument politique. “Faire du drag, être un mec maquillé, c’est déjà politique. C’est un engagement au quotidien. Moi, je veux juste être belle et donner du bon temps.” En choisissant de ne pas politiser ses spectacles, elle démontre que sa simple existence en tant que drag queen est un acte de défiance envers les normes sociétales traditionnelles. Loin d’être marginalisée, elle se sent profondément intégrée dans la scène montpelliéraine, exaltant sa vraie nature et prouvant qu’elle peut briller indépendamment des préjugés.
Reconnaissance et inclusion croissantes
Miss Victoire n’est pas seulement reconnue par sa communauté locale, mais également par ses proches qui, bien qu’autrefois inquiétés par son choix de carrière, commencent à embrasser sa passion. Cela lui procure une fierté immense, accentuée par les récents signes de soutien, notamment lorsqu’elle découvre une photo d’elle en drag accrochée dans le salon familial. « Je suis rentré chez moi la semaine dernière et j’ai trouvé une photo de moi en drag sur le mur du salon », raconte-t-il. L’acceptation progressive dans sa vie personnelle est le reflet du changement des mentalités, favorisé par des années de performances et de représentation.
Montpellier, scène vivante pour un art en plein essor
Montpellier a toujours été connue pour sa vivacité culturelle, et Miss Victoire en est l’un des moteurs. Originaire d’Avignon, elle s’est installée ici pour ses études et est rapidement devenue une icône des scènes festives locales. Sa contribution s’étend également à d’importants événements comme la Pride, où son nom est attendu avec impatience par les spectateurs. Avec la compagnie Folle de rage, elle anime des clubs prestigieux tels que le Cabaret cornu et le Zénith Sud, illuminant chaque soirée de son charme décalé et inclusif. Sa passion pour le rassemblement à travers le divertissement et la légèreté transparaît dans chaque performance.
Des prémices de l’art à la reconnaissance professionnelle
Le parcours de Miss Victoire débute humblement, avec des écharpes en guise de robes dans la cour de récréation. Passionnée de théâtre dès le collège, elle prend goût à ses premières performances, se glissant dans la peau de différentes personnalités. Aujourd’hui, c’est entre les murs du Coxx, la cave du club, qu’elle donne vie à ses spectacles. Sa collaboration avec Tom, le propriétaire, témoigne d’une alchimie spéciale, renforcée par un sentiment d’appartenance à une « famille » qui célèbre la différence et met en lumière la diversité de la culture drag. “Je travaille encore avec eux parce que je m’entends très bien avec Tom, le propriétaire. Je fais partie de la famille, comme il aime à le dire, et j’aime l’entendre.”
Pour plus d’informations sur la scène montpelliéraine et ses événements, n’hésitez pas à consulter cet article, cet autre, et bien d’autres sur le site d’AEF Montpellier.