La montée inquiétante de certaines écoles privées à but lucratif est au cœur d’un débat flamboyant à Montpellier. A l’origine de cette alerte, Jean-Michel Marin et Lionel Torres, deux figures influentes du monde universitaire, ne cessent de réclamer une régulation plus stricte de ces établissements. Alors que Parcoursup vient d’ouvrir ses portes, ils mettent en lumière les risques d’impasse éducative pour de nombreux étudiants, et appellent à une évaluation rigoureuse des formations proposées par ces institutions privées. Jean-Michel Marin et Lionel Torres, respectivement directeur de la faculté des sciences et de Polytech Montpellier, expriment une vive inquiétude concernant la prolifération d’écoles privées lucratives. Selon eux, ces structures attirent des étudiants en quête de diplômes de qualité en leur proposant des cursus coûteux, promettant d’égaler l’excellence des universités publiques non moins renommées. Mais derrière le rideau, la réalité serait bien moins reluisante. Depuis l’adoption de la loi de 2012, permettant aux organismes privés de recevoir des fonds pour l’apprentissage, le paysage éducatif a changé. Ces établissements captent les étudiants avec des promesses étincelantes basées uniquement sur une communication habile. Marin et Torres soulignent que ces entités ne sont souvent pas dotées de l’accréditation nécessaire pour délivrer des diplômes de licence ou de master, créant ainsi de faux espoirs chez les jeunes. Nombreux sont les étudiants qui terminent leur parcours dans ces écoles sans obtenir le diplôme estampillé qu’ils imaginaient. Les employeurs, quant à eux, distinguent clairement entre formations certifiantes et diplômantes, ce qui impacte fortement l’employabilité des jeunes diplômés issus de ces systèmes privés. Pour pallier à ces déconvenues, les universités montpelliéraines mettent en place des systèmes de validation des compétences, permettant aux étudiants détenus par ces cursus de réintégrer le parcours universitaire. Cependant, trop de jeunes se retrouvent dans des situations où leurs hautes notes ne reflètent pas leur réelle maîtrise, posant parfois des écueils insurmontables devant les portes des masters universitaires. Les appels répétés de Marin et Torres trouvent un écho auprès du ministère de l’éducation, lequel envisage une législation plus contraignante. L’objectif est de garantir la transparence et de certifier la qualité des formations offertes par ces institutions. Ils plaident pour que cette future loi ne tarde pas à voir le jour, afin de combler les lacunes qui permettent à des fonds publics de couler vers des établissements privés non habilités. Pour ces universitaires, prétendre dispenser une formation équivalente à un diplôme de master malmène non seulement l’étudiant, mais gaspille également des ressources qui pourraient être mieux exploitées pour l’avancement de l’éducation publique et la recherche.« Ces écoles privées mènent les étudiants dans des impasses »
Les dérives alarmantes des établissements privés lucratifs
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Un appel pressant à la régulation