Montpellier : Caravan Sandwitch, le jeu vidéo engagé qui réinvente les normes

Caravan Sandwitch, produit par le studio indépendant montpelliérain Plane Toast, est une véritable révolution dans le monde des jeux vidéo. Ce jeu mêlant aventure et exploration, dont le décor s’inspire de paysages provençaux futuristes, a récemment été couronné par deux Pégases, l’équivalent des César des jeux vidéo. Derrière ce succès se cache un projet dont les valeurs inclusives et progressistes défient les standards traditionnels de l’industrie, positionnant Montpellier comme un haut lieu de créativité vidéoludique.

Le triomphe à la cérémonie des Pégases

Le 6 mars dernier, Caravan Sandwitch a triomphé lors de la cérémonie des Pégases. Ce jeu, piloté par le studio montpelliérain Plane Toast cofondé par Émi Lefèvre, a reçu les honneurs de « Meilleur premier jeu vidéo » et « Meilleur jeu vidéo indépendant ». L’équipe enthousiaste a montré sa solidarité en célébrant ce moment mémorable avec un câlin collectif sur scène, témoignant de leur fierté de produire des jeux à fort propos social.

Un univers riche, inspiré de la Provence

L’aventure de Caravan Sandwitch commence sur une station spatiale, où le joueur incarne Sauge, une jeune fille à la quête de sa sœur disparue. Émi Lefèvre, également directrice créative, explique que le jeu est une chasse aux trésors dans un décor rappelant les paysages provençaux. Les prénoms des personnages tirés de plantes de la garrigue, tels que Nèfle, renforcent l’immersion dans cet univers unique.

Une naissance montpelliéraine

En 2017, l’idée du jeu prend racine sur les bancs lycée de Pertuis, dans le Vaucluse, grâce à Émi Lefèvre et Adrien Lucas, ses cofondateurs. En 2021, après un premier prototype, ils décident de s’associer au label Dear Villagers de Plug In Digital, situé à Montpellier, pour donner vie à leur projet. Émi Lefèvre souligne la vivacité de l’industrie du jeu vidéo dans cette ville, notamment avec de nombreux anciens d’Ubisoft.

Défis et critiques de l’industrie

Malgré des ventes impressionnantes de plus de 60 000 exemplaires, le jeu reste loin de la rentabilité, ayant coûté un million d’euros. Émi Lefèvre critique un système où l’éditeur s’approprie les droits de distribution prématurément, estimant que l’industrie doit encore mûrir. Le soutien aux syndicats du secteur, demandant une meilleure transparence et des conditions de travail améliorées, s’inscrit dans cette volonté d’évolution.

Une inclusivité revendiquée

Caravan Sandwitch se distingue par ses personnages LGBT, trans ou non-binaires et son écriture inclusive. Le jeu met en scène des thématiques telles que l’éco-responsabilité et la critique de l’exploitation par les méga-entreprises. Émi Lefèvre explique qu’une attention particulière a été portée à l’accessibilité, avec des fonctions pensées pour les malentendants et les malvoyants.

Un projet couronné mais non sans difficultés

Le développement de Caravan Sandwitch a été semé d’embûches, dont un burn-out qu’a traversé Émi Lefèvre. Cependant, décrocher le prix Pégase est une satisfaction qui clôt un chapitre difficile mais enrichissant. Ce jeu pionnier continue d’affirmer Montpellier comme une plateforme majeure d’innovation vidéoludique, rivalisant avec d’autres événements marquants de la ville tels que le Zevent 2024.