Ce vendredi 9 janvier 2026, le centre de Montpellier a vu défiler des tracteurs en grand nombre, répondant à l’appel des Jeunes agriculteurs et de la FDSEA de l’Hérault. En réaction à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, les manifestants ont déversé des déchets agricoles devant l’Arc de Triomphe. L’accord, jugé dangereux par le monde agricole français, pourrait, selon eux, causer une compétition déloyale sur le marché européen.
Dès l’aube, les rues de Montpellier ont été investies par de nombreux tracteurs. À l’appel des Jeunes agriculteurs 34 et de la FDSEA de l’Hérault, ces véhicules ont convergé vers le centre-ville dans un rythme soutenu. L’action avait pour objectif de manifester une opposition ferme à l’accord de libre-échange en cours de discussion à Bruxelles. Peu après 6 heures du matin, les manifestants ont atteint l’Arc de Triomphe, où ils ont déversé divers déchets agricoles sur la voie publique, afin d’accroître la visibilité de leur colère.
Le mouvement ne s’est pas limité au centre de Montpellier. Avant d’arriver à l’Arc de Triomphe, le cortège est passé par l’Agence de l’eau où du fumier a été déversé. Cette étape de leur parcours a précédé la marche vers la préfecture de l’Hérault, destination finale des manifestants pour cette journée. La volonté d’accroître la pression sur les instances décisionnelles était claire à travers le choix stratégique de ces lieux.
Au cœur de cette mobilisation, la controverse qui entoure l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur. Cet accord, s’il venait à être validé, s’appliquerait à une zone de libre-échange regroupant plus de 700 millions de consommateurs, incluant l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. Les syndicats agricoles dénoncent une concurrence qu’ils jugent déloyale, pointant du doigt l’entrée massive de produits agricoles à bas prix qui ne respecteraient pas les mêmes normes que celles en vigueur en Europe.
Cette action à Montpellier s’inscrit dans une période de fortes tensions dans le secteur agricole. Les producteurs font face à des défis de taille : une crise sanitaire dans les élevages due à la dermatose nodulaire contagieuse, une pression accrue sur leurs revenus, sans oublier les coûts de production en hausse constante. L’accord Mercosur, en permettant l’importation de produits étrangers sans respecter les mêmes critères stricts, représente à leurs yeux une menace supplémentaire.
Bien que le Président Emmanuel Macron ait exprimé l’opposition de la France envers cet accord, la validation par l’Europe n’est pas exclue. Une majorité qualifiée pourrait adouber le projet, avec l’Italie semblant le soutenir. En revanche, plusieurs pays dont la Pologne, la Hongrie, l’Irlande et l’Autriche s’y opposent, mais ne sont pas en mesure de constituer une minorité de blocage. Cette situation politique tendue renforce l’incertitude quant à l’avenir de l’agriculture française.
Le point de départ : les tracteurs à l’assaut du centre-ville
Une manifestation orchestrée dans des lieux clés
L’accord Mercosur, un point de crispation majeur
Contexte tendu pour le secteur agricole
Perspectives incertaines au niveau européen